L’Inspection du ministère de la Culture contrôle depuis lundi le déroulement des travaux de restauration de l’un des plus anciens et des plus célèbres monuments de Prague, le Pont Charles.
C’est la plainte d’un Pragois qui dénonce un remplacement massif des blocs de grès vieux de 650 ans du pont par de nouvelles pierres ainsi que l’emploi des moyens de technique lourde inadéquats pour ce monument qui a été l’impulsion pour une telle inspection.
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« La plupart des blocs est emportée et ce qui est en train de naître ici me paraît comme une sorte de décor. »
Les conservateurs et les bâtisseurs se défendent : les blocs sont soigneusement examinés et enregistrés par une commission d’experts composée de minéralogistes, géologues, archéologues et historiens. Les blocs abîmés sont placés dans des dépôts, certains dont l’état le permet sont ajustés et retournent sur le pont. Hélas, la majorité des blocs est en mauvais état, dit Ondřej Šefců de l’Institut national du patrimoine :
« Les cas les plus drastiques ont été retrouvés en état sablonneux, on peut les ramasser à la main, il suffit de les toucher pour qu’ils se décomposent et on peut apercevoir des fissures massives dans les blocs. »
Depuis ce lundi donc, non seulement les blocs, mais aussi toute la documentation, font l’objet d’une inspection du ministère de la Culture. On écoute son porte-parole, Jan Cieslar :
« A ce jour, l’inspection n’a pas révélé de manquements évidents ou irréversibles, néanmoins, l’enquête continue. Les inspecteurs seront présents sur le pont pendant le démontage de l’allège pour contrôler le procédé technologique des travaux. »
Les résultats de l’inspection devraient être connus d’ici 15 jours. Comme le souligne Ondřej Šefců, beaucoup de blocs se sont décomposés sous l’effet de l’eau et du sel. Dans cette étape des travaux, il faudra réparer encore le tablier et doter le pont d’une hydroisolation parfaite. Pour ce qui est de l’allège, beaucoup de blocs ont déjà été changés lors des travaux dans les années 1960 :
« Nous essayons de faire en sorte que la valeur historique et le caractère du pont soient sauvegardés : nous essayons de sauver tous les blocs pour lesquels il existe un espoir qu’ils survivront au moins aux 50 prochaines années, période pour laquelle les travaux sont effectués. »
Les conservateurs ne cachent pas que la technologie de la taille des pierres diffère de celle du temps de Charles IV, mais la surface de chaque pierre est travaillée à la main et sera dotée d’une patine pour que son aspect ne diffère pas des blocs authentiques du Pont Charles.
(radio-Prague)
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